Gabriel et Charles VOISIN : biographie, oeuvres et genéalogie

automobiles Avions Voisin

Gabriel et Charles VOISIN furent les premiers industriels français de l’aéronautique naissante. Malgré la disparition tragique de Charles en 1912, que nous évoquions dans l’éphéméride de septembre, Gabriel poursuivit son parcours d’entrepreneur et créateur de génie, dans le monde de l’automobile.

Découvrez leurs vies, leurs œuvres et leur généalogie.

Vie et œuvres des frères Voisin, aéronautique et automobile

Les VOISIN : une famille d’industriels

Les frères VOISIN sont les héritiers d’une famille d’industriels depuis deux générations. Leur grand-père, Jean, était fondeur et a terminé sa carrière en tant que chef de service des aciéries. Leur grand-père maternel, Charles FORESTIER, était ingénieur civil, tout comme leur père Georges Guillaume VOISIN.

Eugène Gabriel nait le 5 février 1880 à Belleville (Rhône) et Charles le 12 juillet  1882 à Lyon (Rhône), de l’union de Georges et Amélie Cécile qui se sont épousés à Neuville-sur-Saône (Rhône) en 1878.
Gabriel fait ses études aux Beaux-Arts de Lyon. Architecte, il débute sa carrière en 1903 comme dessinateur chez l’un des promoteurs et mécènes de l’aéronautique naissante.

Les frères VOISIN : Gabriel (g.) et Charles (d.) | Library of Congress

Les frères VOISIN, pionniers français de l’aéronautique

Dès 1905, Gabriel s’illustre en décollant de la Seine sur un de ses planeurs modifié par ses soins : un vol sur une longueur de six-cents mètres. À son retour du service militaire, Charles rejoint l’entreprise, qui prend en 1907 l’appellation « Appareils d’Aviation Les frères Voisin ». Gabriel et Charles deviendront ainsi les premiers industriels de l’aviation, installés à Boulogne puis Issy. La réussite viendra avec la guerre et la construction de milliers d’appareils militaires, avions de reconnaissance et bombardiers. Gabriel VOISIN n’en tire apparemment pas fortune, son dossier de Légion d’honneur précisant qu’il refuse toute rémunération ou licence, et, de ce fait, abandonne des sommes qui auraient pu être percues sur la fabrication de 10.400 avions.

Avion Voisin-Delagrange 500 avion Voisin type 1 atelier Voisin, Boulogne-Billancourt usine Voisin, Paris - L'illustrazione italiana du 27/06/1909

Plusieurs premières sont à mettre au compte des frères VOISIN, et notamment :

  • Charles accomplit le 15 mars 1907, à Bagatelle, le premier vol motorisé sur un aéroplane muni d’un moteur à explosion.
  • C’est sur un appareil conçu par les frères VOISIN qu’Henry FARMAN effectua le 13 janvier 1908 le premier kilomètre (officiel) en circuit fermé, avec décollage et atterrissage normaux.
  • Dans les années 1920, Gabriel VOISIN invente un système d’antiblocage hydraulique, précurseur de l’ABS qui équipe aujourd’hui les systèmes de freinage de nos voitures.

Gabriel VOISIN, industriel automobile de génie

Voisin C6 Laboratoire de 1923En 1918, Gabriel VOISIN se lance dans la construction d’automobiles de luxe. Puisant dans son expérience aéronautique, il se révèle un concepteur de génie, véritable précurseur. Il sera par exemple le premier constructeur à produire des voitures entièrement carrossées. Ses modèles se distinguent par leurs innovations et notamment leur design et leur aérodynamisme.
Il connut aussi le succès avec des modèles sportifs, dont l’exceptionnelle Voisin « Laboratoire » (ci-dessus).

affiche automobiles Voisin affiche automobiles Voisin affiche automobiles Voisin

Les automobiles Voisin séduisent la jet-set de l’époque : Mistinguett, Anatole France, Le Corbusier, Man Ray, Rudolf Valentino, Jean Gabin, Maurice Chevalier, Joséphine Baker… La marque fournit même les voitures présidentielles de Paul Deschanel, que nous avons déjà évoqué sur ce blog, d’Alexandre Millerand puis de Gaston Doumergue.

Mais l’inventivité et l’exigence de Gabriel VOISIN qui firent son succès furent aussi causes de sa perte. Alors que son entreprise est au bord de la faillite après un incendie de l’usine et les effets de la crise économique de 1929, il propose ses modèles les plus aboutis, notamment en 1935 l’Aérosport C-28 à carrosserie de type « ponton », sans ailes séparées. Des modèles sans doute trop innovants et surtout trop chers pour sa clientèle conservatrice de l’époque.
Un petit d’air d’ancêtre de la fameuse Citroën DS, vous ne trouvez-pas ?

Voisin Aérosport C-28, 1936 Voisin Aérosport C-28, 1935

Gabriel VOISIN se retire des affaires en 1958 et s’installe dans un petit village mâconnais. Deux ans plus tard – alors qu’il avait été, à 28 ans, le plus jeune Chevalier de la Légion d’honneur – il est promu Grand officier de la Légion d’honneur.

Pour découvrir plus avant ce personnage finalement trop méconnu, je vous invite à consulter :

Généalogie de Gabriel et Charles VOISIN

J’ai établi la généalogie paternelle des frères VOISIN (complète sur 7 générations). Vous pouvez la consulter sur GeneaNet ou sur GeneaStar.

VOISIN : une famille originaire du Bourbonnais

armoiries du BourbonnaisDès la IVème génération, on peut suivre les ancêtres VOISIN sur les terres d’origine de la famille, dans le bocage bourbonnais. Le plus ancien ancêtre VOISIN identifié à ce jour est ainsi Jean (VIIIème génération), manœuvre et propriétaire,  né vers 1651 et décédé en 1711 à Paray-le-Frésil en Sologne bourbonnaise (au nord-est de l’actuel département de l’Allier). Son fils François (1692-1741) sera tisserand puis propriétaire dans le même village, et convolera en justes noces dans la commune voisine de Lesme, aujourd’hui en Bourbonnais saône-et-loirien.

Guillaume VOISIN, né à Dornes (toujours en Sologne bourbonnaise, mais dans la Nièvre) en l’an VIII sera le premier à quitter les terres d’origine de la famille pour la grande ville, Nevers. Il épouse en chemin, à Chevenon (Nièvre), une nivernaise nommée Eugénie PIEUCHOT. Leur fils Jean épouse à Saint-Éloi, près de Nevers, Jeanne Louise PINON, nivernaise par son père et originaire du Cher par sa mère. Le couple donnera naissance à cinq enfants, dont l’aîné Georges Guillaume, né en 1853 à Nevers, père de Gabriel et Charles VOISIN.

Quelques faits remarquables dans la généalogie des frères VOISIN

Guillaume VOISIN, que j’évoquais plus haut et qui a transporté la famille à Nevers, y décède le 9 janvier 1826, six mois après son mariage et deux mois après la naissance de son fils unique Jean, le 11/11/1825. Une lignée et la transmission d’un nom ne tiennent parfois qu’à un fil bien ténu…

Le père de Guillaume, François VOISIN (1769 – an XII) a épousé Marie… VOISIN (ca 1780 – 1853). Je remonte, dans la même région, son ascendance sur trois générations jusqu’à un certain Pierre MAUVOISIN, sans pouvoir prouver à ce jour de parenté entre les deux familles.
Comme un clin d’œil à l’histoire familiale, Aimée, sœur de Gabriel et Charles, épousera en 1909 un certain Ernest Félix… VOISIN.

Philippe VOISIN (1737-1807), père de Marie évoqué ci-dessus, eut quatre femmes et au moins huit enfants de trois lits différents. Mais le personnage a aussi retenu mon attention car sur plusieurs actes il est dit « laboureur parsonnier » (on lit aussi « personnier »).

Les communautés paysannes en Bourbonnais

carte de Cassini - Paray-le-Frésil (03)Le laboureur parsonnier était membre d’une communauté paysanne, soumis à l’autorité du Maître et Chef de la communauté. Je pense que l’on a affaire ici à des groupements d’intérêt agricole, à l’origine sans doute ancienne, plutôt qu’à des communautés familiales dites « taisibles », regroupant des frères après la disparition du chef de famille.
Plusieurs communautés dites « des Voisins » peuvent être recensées dans l’Allier sous l’Ancien Régime, notamment – évidemment – à Paray-le-Frésil. La carte de Cassini de Paray-le-Frezy révèle d’ailleurs l’existence d’un hameau sur la commune nommé « les Voisins ».

Ces communautés agricoles menaient une vie très particulière. Le chef décidait des unions, le travail était collectif, chacun apportant sa contribution, les hommes prenaient leurs repas en commun…
Un sujet passionnant, qui pourrait faire l’objet d’un prochain article sur le blog.

La citation des pionniers

« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser. »

Georges GUYNEMER, officier aviateur français

Avions Voisin


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