L’arbre généalogique (4ème partie) – types et conventions

Roue généalogique - © marthastewart.com

Après vous avoir conté l’histoire de l’arbre généalogique, intéressons-nous aux différents types de représentations généalogiques ainsi qu’à leur conventions graphiques. Sur ce deuxième point, nous élargirons nos horizons à d’autres « essences » d’arbres, eux-aussi généalogiques.
J’espère que les généalogistes confirmés feront ici quelques découvertes. 😉

Les différents types de représentations généalogiques

Généalogies ascendantes et généalogies descendantes

Arbre généalogique des Rougon-Macquart - Émile ZOLAToute représentation généalogique s’élabore à partir d’un individu, nommé de cujus. Cette représentation se développe ensuite soit de manière ascendante – on représente alors les ancêtres de cet individu – soit de manière descendante – on présente dans ce cas les enfants, petits-enfants, etc. de l’individu racine.
Ce sont là les deux principaux types d’arbres généalogiques.

Une représentation généalogique peut ensuite être :

  • agnatique ou cognatique, c’est-à-dire par les hommes, ou par les femmes.
  • patronymique ou complète ; concerne principalement les généalogies ascendantes – dans le premier cas, on remonte la lignée des porteurs du nom de famille, dans le second cas, on s’intéresse à toutes les branches de la famille. Ce deuxième type de représentations est dit « par quartiers».

Mais il ne faut pas oublier qu’un arbre généalogique, même artistique, est avant tout un support de communication, porteur donc d’un message à délivrer à son lecteur. Et les objectifs de communication se révèlent très variés : religieux, politiques, sociaux (et économiques)… Prouver un noble lignage, montrer les liens ou la transmission du pouvoir… ou simplement présenter ses origines !

Tableau illustrant le cousinage entre Tatiana et RenanOn trouve ainsi de nombreuses représentations partielles d’une généalogie qui sont « hybrides » et difficilement classables (par exemple à la fois agnatiques et cognatiques), ou encore des représentations sur lesquelles figurent à la racine non pas un individu mais un couple. Deux exemples typiques :

  • les généalogies de certaines familles nobles destinées à illustrer la transmission d’un privilège. C’est le cas par exemple de la branche régnante des princes Grimaldi de Monaco, que nous évoquions dans un précédent billet ; son pouvoir sur le Rocher s’est en effet transmis à la fois par les hommes, et par les femmes.
  • une représentation généalogique visant à illustrer le cousinage entre deux personnes (un « cousinage » célèbre… ou non ;-)). Cf. ci-contre le cousinage, lointain certes, entre Tatiana… et moi !

En général, chaque individu dans l’arbre généalogique occupe une « case » ou une feuille de l’arbre. Dans les arbres généalogiques récents, cette case est souvent délimitée par une bordure parfois même richement ornée. Sur certains arbres généalogiques, les couples peuvent être regroupés.
Pour chaque individu sont mentionnés au minimum ses prénoms et nom auxquels s’ajoutent souvent les dates de naissance et de décès.

Différentes mises en forme graphiques des arbres généalogiques

Les modèles de représentation sont très nombreux et les conventions graphiques très diverses et se déclinent pour les différents types de généalogies évoqués ci-dessus. Il n’existe pas de norme mais des conventions largement partagées, et la seule limite à l’imagination des créateurs de modèles est en fait l’impératif de lisibilité et de compréhension par le lecteur.
Une des difficultés, concernant les représentations partielles d’une généalogie, est d’ailleurs de se situer par rapport au de cujus : sur quelle branche se trouve-t-on (paternelle vs maternelle), à quelle génération… ?

Il existe trois types principaux de présentation d’une généalogie : les tableaux ou graphes, les chronologies et les listes simples ou indentées (que nous n’évoquerons pas ici). Ce qui différencie ensuite les arbres généalogique est leur orientation : horizontale ou verticale.
L’arbre horizontal est un outil de travail pratique car il permet une lecture… horizontale sur une feuille de format standard A4 portrait – vous me suivez ? 😉 – d’un arbre sur 4 à 5 générations. Bien pratique à glisser dans un classeur par exemple.

Les modèles de représentations généalogiques les plus courants sont :

Arbre généalogique patronymique verticalle tableau vertical,
le modèle standard le plus courant
Arbre généalogique vierge | CEGDle tableau horizontal, permet de présenter (un peu) plus de générations sur un A4 Arbre semi-circulaire 4 générations | Misbach Enterprisesla roue ou rosace complète, ou le graphe semi-circulaire à la lecture plus aisée Arbre généalogique décoré - 4 générations | AGFHle fameux « arbre à feuilles », l’archétype de la représentation généalogique artistique

 

Quelques représentations généalogiques originales

Arbre généalogique | Crafty Actifforum

Voyez par exemple ci-dessous ce « bow tie chart», ou encore cet étonnant arbre généalogique créé par la société GeneaGram – arbre que GeneaNet dit « technique » – qui rappelle les mappemondes présentant les deux hémisphères terrestres comme deux cercles concentriques. Il permet à partir d’un couple l’affichage de l’ascendance sur 9 générations et de la descendance sur 3 générations, et même d’intégrer les collatéraux (l’esthétique de cet arbre ne plaira pas à tous, mais c’est toutefois une prouesse graphique qui a reçu la médaille d’Argent au Concours LEPINE 1994).

Bow tie chart | Misbach Enterprises Arbre généalogique familial | GeneaGram

 

Les conventions graphiques et d’écriture des représentations généalogiques

Quelques conventions « universellement » partagées

Concernant les conventions graphiques :

  • les mariages sont figurés par des lignes entre les deux individus concernés ;
  • individus de sexe féminin ou masculin peuvent éventuellement être représentés sur un fond de couleur différente ;
  • on se doit de respecter le sens de lecture, de la gauche vers la droite ;
    la branche paternelle est présentée à gauche et la branche maternelle à droite.

Concernant les conventions d’écriture :

  • le nom de famille s’écrit en lettres capitales (majuscules d’imprimerie).
    Il peut être utile de connaître les raccourcis-clavier permettant la frappe des majuscules accentuées (comme alt+0200 pour « È », alt+0201 pour « É », alt+202 pour « Ê », alt+0194 pour « Â »… : tapez la combinaison de 4 chiffres en maintenant la touche « alt » enfoncée) ;
  • dans les dates figure toujours l’année complète ;
  • la naissance est figurée par le caractère « ° » ou « º » (alt+0186) ;
  • le mariage est représenté par une croix « x », les remariages par « x2 » ou « xx »… ;
    et je n’ai pas trouvé de symbole pour le PACS ;-), mais on pourrait l’inventer !
    Je propose « ( ) » (l’inverse du divorce, représenté par deux parenthèses qui se tournent le dos). « (x) » ou « & » pourraient faire l’affaire, mais peuvent être déjà employés pour figurer une union libre ;
  • le décès est précédé de la croix chrétienne, «  » (tapez 0134 en maintenant la touche alt enfoncée) ou plus simplement par « + ».

Mais votre logiciel de généalogie préféré fera souvent tous ces choix pour vous !

D’autres arbres généalogiques

Les conventions de représentation sont différentes pour ces autres arbres généalogiques que sont les génogrammes et les schémas utilisés en génétique.

Génogramme - Marie-Françoise CrouzierLe génogramme ou génosociogramme est utilisé en psychogénéalogie, une discipline de psychothérapie s’appuyant sur une connaissance des antécédents et relations familiales. L’arbre généalogique est alors plus un outil de travail thérapeutique et se borne donc souvent de 3 à maximum 4 générations (celles que l’on peut encore conserver en mémoire). Il s’intéresse plus aux évènements répétitifs, maladies, accidents, aux conflits relationnels, différences culturelles ou sociales… et s’enrichit donc d’informations et de symboles supplémentaires :

  • de nouvelles personnes apparaissent, sans lien de sang, comme par exemple un enfant élevé dans une famille qui n’est pas la sienne ;
  • un trait en pointillé indique des parents ne vivant pas ensemble ;
    un trait plein barré deux fois, un divorce ou une séparation ;
  • des courbes fermées, « patatoïdes », regroupent des personnes par exemple celles habitant sous un même toit ;
  • certains événements marquants peuvent éventuellement être mentionnés ;
  • et surtout, on figure les liens psychologiques et affectifs (relations conflictuelles…), par des lignes brisées ou barrées, souvent en couleur (rouge, bleu, vert, etc.)…

La médecine et la science utilisent abondamment la métaphore végétale pour représenter des évolutions ou des liens, comme par exemple dans l’arbre phylogénétique qui schématise les relations de parenté entre les groupes d’êtres vivants. L’arbre généalogique est aussi utilisé en génétique pour représenter ou diagnostiquer des caractères ou maladies transmis héréditairement. Les conventions graphiques sont alors sensiblement différentes (ce sont là des symboles internationaux), notamment :

  • Quelques symboles pour un arbre généalogique en génétiqueles hommes sont représentés par des  carrés et les femmes par des ronds ;
  • les symboles représentant les individus « atteints », c’est-à-dire porteurs du gène étudié, ont un fond plein uni ;
  • les symboles figurant des personnes décédées sont barrés ;
  • les mariages consanguins sont représentés par deux traits pleins…

Là encore et dans les deux cas, la représentation généalogique, sa forme, ses conventions graphiques, etc. s’adaptent à l’objectif de communication ou à l’utilisation faite de cette représentation.

Maintenant, je vous passe la souris, le crayon ou la plume, le pinceau…
À vous de réaliser votre arbre généalogique !

La citation

« Les arbres sont des sanctuaires.
Celui qui sait leur parler et les écouter découvrira la vérité.
Ils ne prêchent pas l’enseignement et les préceptes,
ils prêchent, sans se soucier des détails, l’ancienne loi de la vie. »

Hermann HESSE, extrait du recueil Wandering

 

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11 réponses à L’arbre généalogique (4ème partie) – types et conventions

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